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Après les “gilets jaunes” en France, des petits patrons anti-“jaune et vert” en Italie

Jeudi dernier, plus de mille petits patrons italiens ont manifesté à Milan contre la politique de nouveau gouvernement. Leur message : pas besoin de revenu universel mais des infrastructures en état.

Après les transporteurs au port de Gênes il y a quelques semaines, c’est au tour des chefs d’entreprises de battre le pavé. Plus de mille petits patrons italienss’étaient donné rendez-vous jeudi dernier à Milan pour manifester contre la politique du gouvernement “giallo-verde”, les couleurs des deux partis au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5  étoiles(M5s).

Ils n’ont pas défilé dans les rues de la capitale économique du pays mais se sont réunis dans le centre des Congrès Mico al Portello pour faire entendre leurs revendications en agitant les drapeaux de Confartigianato, la confédération italienne des artisans.

En finir avec la “politique du non”

Ils étaient venus des quatre coins de l’Italie et pendant trois heures, leurs représentants se sont bousculés à la tribune pour demander aux deux vices présidents du Conseil,  Matteo Salvini , le grand manitou de la Ligue également ministre de l’Intérieur et Luigi Di Maio le chef politique du M5s chargé des portefeuilles du Développement et de l’Emploi, d’en finir avec “la politique du non”.

Notamment au niveau des infrastructures, la bête noire du M5s qui bloque tous les grands chantiers depuis son arrivée au timon du paquebot Italie pour conserver “l’amitié” de son électorat environnementaliste. “Nous avons besoin de nouvelles routes, de trains,  pour acheminer nos marchandises et être compétitifs avec le reste de l’Europe, nous n’avons pas besoin du revenu de citoyenneté universel mais d’investissements ciblés pour huiler les moteurs de notre économie, nous ne voulons pas de politique de l’assistanat”, a tonné Eugenio Massetti, président de Confartigianato Lombardia. Il a ensuite ajouté : “nous sommes les meilleurs en ce qui concerne l’exportation du made en Italie mais sans infrastructures, la clef de la modernisation du pays, nous nous essoufflerons”.  

Un avertissement avant les européennes

Le constat des  représentants qui se sont alternés  à la tribune en chemise et pull-over était brutal : les infrastructures italiennes sont nettement défaillantes par rapport à la moyenne européenne. Travaux approximatifs, entretiens négligés, investissements réduits, favoritisme, autant de facteurs que les petits patrons ont dénoncé en réclamant une inversion de tendance.

A cela s’ajoute le manque de courage économique du gouvernement qui a engagé un bras de fer avec Bruxelles sur les questions budgétaires en ouvrant la voie à une éventuelle ouverture d’une procédure d’infraction au lieu de concrétiser les promesses faites durant la campagne électorale des législatives de mars 2018.

Ce qu’ils veulent, c’est aussi un allégement de la bureaucratie qui mine le tissu économique, l’introduction de la flat-tax comme l’avait promis Matteo Salvini l’hiver dernier pendant la campagne électorale“Si le gouvernement n’agit pas, les petits patrons vont continuer à mettre la clef sous le paillasson, à se suicider et les moteurs ne tourneront plus, le pays risque d’être asphyxié”,estime Angelo Carrara, vice-président de la section de Bergame.

Jeudi dernier, les petits patrons ont lancé un avertissement cinglant au gouvernement qui se résume en un seul mot: attention. Car après avoir soutenu la Ligue en mars dernier lors des élections législatives, ils pourraient changer d’avis aux européennes en mai prochain disent-ils puisqu’ils se sentent trahis. 

Source:www.actu-transport-logistique.fr

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