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COMMENT FIVES APPORTE SON EXPERTISE DE L’AUTOMATISME À L’INTRALOGISTIQUE

Thierry Le Chêne, directeur général adjoint de Fives Syleps (filiale intralogistique du groupe Fives) et Oussama Cherif, directeur de l’innovation de la division Smart Automation Solutions de Fives, reviennent sur les récentes évolutions du marché de l’automatisation logistique et la façon dont Fives s’est engagée dans ce domaine.
Comment ont évolué les besoins du marché de la logistique en termes d’automatisation ces dernières années ?

“Nous installons de véritables usines logistiques, avec un degré de finesse extrême”


Thierry Le Chêne : Le mouvement a été double. D’un côté, des exigences toujours plus fortes de la part des consommateurs qui nécessitaient un accroissement des capacités en logistique. Parallèlement, un besoin de main d’œuvre qui subissait une vraie pénurie sur les métiers de préparation de commandes. C’est pour répondre à ces problématiques que nous avons commencé à proposer des solutions robotiques et automatisées en entrepôts. Mais cela ne s’est pas fait sans défis. Chez Fives, nous venons du monde de l’industrie, dans lequel, au fil de décennies d’expérience, l’automatisme s’était accompagné d’une standardisation des contenants, des étiquetages, des méthodologies. Le monde de la logistique et de la distribution sont très différents : c’est le marketing du produit qui prédomine et ce dernier peut avoir des formes diverse et variées. Il a donc fallu adapter les briques technologiques de l’automatisme à cet environnement plus complexe, présentant des charges et des étiquetages hétérogènes, de manière à ce qu’il soit aussi efficace. Cela a été un grand changement pour nous, en tant qu’équipementier, au milieu de cette décennie. D’autant que la complexité s’est accentuée chez les distributeurs : si on regarde la taille des bons de commande que préparent les plateformes logistiques pour les magasins, on voit qu’elles sont de plus en plus nombreuses à l’unité. Nous ne sommes plus dans la palette homogène qui permettait d’avoir un coût logistique optimisé, mais dans le « flow casting » : un pilotage pensé depuis le point de vente. Les distributeurs consolident ce qui a été consommé dans la journée, avec un réassort au plus juste. Cela nécessite une réactivité forte des systèmes logistiques en entrepôt. Nous installons donc de véritables usines logistiques désormais, avec un degré de finesse extrême.


Quels ont été les défis à relever au moment de cette démocratisation des systèmes automatisés pour la logistique ?
Oussama Cherif : Il a fallu mettre en place des technologies nouvelles, avec des algorithmes complexes parfois. Un point clé de la performance de ces installations, c’est l’informatique industrielle que l’on intègre. Il faut qu’elle soit ergonomique pour que les utilisateurs sachent l’utiliser, qu’elle soit robuste car la majorité des pannes et arrêts en entrepôt proviennent de l’informatique, mais également qu’elle ait fait l’objet d’un travail de standardisation. Aujourd’hui, ces systèmes automatisés offrent beaucoup aux distributeurs : elles répondent à des exigences de traçabilité, et permettent de piloter l’ensemble du système.*


TLC : Les difficultés que l’on retrouve dans la mise en œuvre de ces solutions tiennent plutôt de leur intégration dans un environnement très manuel. Cette conduite au changement a été un choc – car la bascule a été rapide. Il y a quelques années, les utilisateurs n’étaient pas prêts. Nous avons dû aller jusqu’à définir les fiches de poste des préparateurs qui allaient piloter ces installations. Aujourd’hui, nous prenons le temps de former les gens avant d’installer un système complet, plusieurs semaines et mois à l’avance.

Quels sont les prérequis pour s’assurer de la bonne conduite de projets de ce type ?
TLC : Il faut bien caractériser le besoin de chaque distributeur, selon ses formats. À partir du moment où les distributeurs ont clarifié leur organisation logistique, nous sommes capables de travailler avec eux sur l’analyse de leurs besoins, en réalisant le cahier des charges. Chez Fives, nous avons un métier d’ingénieriste : nous allons analyser et modéliser les principes de fonctionnement de leurs flux généraux sur leurs plateformes pour trouver une solution flexible à l’évolution de leurs besoins. Nous virtualisons le fonctionnement des plateformes avec des outils de simulation que sont les jumeaux numériques. Aujourd’hui, quand un distributeur investit sur des outils logistiques sur ses sites, il faut que le process soit clair, précis et opérationnel dès le démarrage. Chez Fives, pour garantir la pérennité d’exploitation des solutions, nous ne voulons pas être dépendants de briques technologiques qui ne soient pas les nôtres. Nous sommes donc propriétaires de tous les éléments stratégiques : l’informatique industrielle, mais également les systèmes de stockage automatisé, les systèmes automatisés de dépalettisation et palettisation hétérogène.

Comment voyez-vous évoluer le marché dans les années à venir ?
OC : Maintenant que nous avons des équipements efficaces, la deuxième étape consiste à faire sortir les robots des cages, afin d’aller vers plus de cobotique, c’est-à-dire une robotique collaborative. C’est une tendance qui est en train de se développer, grâce aux possibilités de l’intelligence artificielle, et des capteurs. Les choses évoluent aussi du côté informatique. Si les robots étaient jusqu’alors des entités autonomes qui recevaient des ordres, nous nous dirigeons vers une plus grande mise en réseau des éléments automatisés, avec une vision élargie. Nous mettons d’ores et déjà cela en place chez des industriels, avec des OMS, et nous amenons actuellement ces technologies vers la partie logistique.

Source:www.voxlog.fr

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