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L’Allemagne se ferme-t-elle aux camions ?

L’Allemagne a rendu obligatoires les tests antigéniques pour les véhicules en provenance de République Tchèque où la pandémie prend un virage dramatique. Seul hic, les stations de test à proximité de la frontière ne sont ouvertes que quelques heures par jour. Les files de camions à la frontière entre les deux pays s’allongent. 

L’Allemagne a renforcé ses mesures sanitaires à la frontière au 24 janvier. La République Tchèque est depuis devenue zone à haut risque sanitaire. Pour entrer en République fédérale, il est désormais obligatoire de présenter un test antigénique négatif. Pour de nombreux travailleurs frontaliers, notamment les conducteurs de poids lourds, la frontière est devenue difficilement franchissable.

“Le problème ne concerne pas tant les conducteurs au volant de leur camion. Ils restent en général moins de 72 heures sur place, et bénéficient d’exonérations de tests, car on considère qu’ils n’ont pas de contact avec la population locale, rappelle Harald Sentner, de la fédération bavaroise des Transporteurs LBT. Ils n’ont même plus le droit de descendre du véhicule chez le client, ni de toucher le moindre document ! Même s’ils le voulaient, je ne vois pas comment ils pourraient se contaminer ! Le problème c’est la situation des nombreux salariés des transporteurs bavarois qui vivent en République Tchèque. Eux sont soumis à l’obligation de tests. Mais les stations de dépistage à la frontière sont ouvertes à des horaires inadaptés, de 5 h du matin à midi. Or les conducteurs franchissent la frontière en général le dimanche soir, pour prendre leur poste vers 18 h.” 

Le système sanitaire tchèque débordé

70 à 80 % des chauffeurs employés dans l’est de la Bavière sont originaires de République Tchèque ou de Roumanie et rentrent chez eux le week-end. Selon un patron de PME de la région, si 5 % d’entre eux ne viennent plus travailler, c’est toute la production de son usine qui sera bloquée.

Les fédérations bavaroises du transport et de la logistique demandent aux pouvoirs publics de mettre en place des capacités de test en quantité suffisante côté allemand, et ouvertes à des horaires correspondant aux besoins. D’autant que le système sanitaire tchèque est débordé.

Un contact restreint avec la population locale

En théorie, le transport des marchandises ne devrait pas être affecté par les règles sanitaires adoptées d’un pays à l’autre de l’Union pour lutter contre la pandémie et le développement des nouveaux variants. Lorsqu’un pays passe en zone rouge sombre, c’est-à-dire qu’il atteint une incidence de 250 nouveaux cas par semaine, la Commission européenne autorise les Etats membres à adopter des mesures telles que l’obligation de fournir un test négatif au passage de la frontière et-ou de quarantaine.

“Les salariés du secteur des transports, qui n’ont en général qu’un contact restreint avec la population locale, doivent être exemptés de l’obligation de quarantaine et en principe être libérés de l’obligation de présenter un test négatif”, insiste toutefois Bruxelles.

L’Allemagne limite le trafic à ses frontières

Dans les faits, des barrières aux transports semblent se dresser partout à travers l’Europe depuis la fin janvier. “L’obligation de test négatif aura des conséquences dramatiques pour la chaîne logistique en Europe, alerte Umberto de Pretto, le secrétaire général de l’IRU dans une lettre publique, rappelant le chaos à Douvres au moment des fêtes.

“Seuls 0,3 % des tests menés sur les chauffeurs étaient positifs”, rappelle l’IRU, inquiète notamment de l’évolution de l’Allemagne, qui semble de plus en plus tentée de limiter le trafic à ses frontières. “Cela bloquerait les très importants axes nord-sud et est-ouest et mènerait à une réaction en chaîne, incitant les autres Etats à exiger eux aussi des tests négatifs.” Notons qu’à titre d’exemple, 7 000 camions transitent chaque jour par le seul col du Brenner, qui relie l’Allemagne à l’Italie via l’Autriche, soit autant que par Douvres.

Source:www.actu-transport-logistique.fr

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